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    "title": "La Fed et la BCE : pourquoi les hausses de taux d'int\u00e9r\u00eat devraient rester en suspens",
    "modified_at": "2026-04-27 14:05:02",
    "published_at": "2026-04-27 14:05:00",
    "url": "https://flossbach-von-storch.befirm.be/la-fed-et-la-bce-pourquoi-les-hausses-de-taux-dinteret-devraient-rester-en-suspens",
    "short_url": "http://prez.ly/QLDd",
    "culture": "fr_BE",
    "language": "FR",
    "subtitle": "La guerre en Iran a fait flamber les prix de l'\u00e9nergie. Les banques centrales sont-elles d\u00e9sormais contraintes d'agir ? C'est la question que pose Julian Marx, analyste de recherche chez Flossbach von Storch.",
    "slug": "la-fed-et-la-bce-pourquoi-les-hausses-de-taux-dinteret-devraient-rester-en-suspens",
    "body": "<p>La plupart d&rsquo;entre nous se souviennent encore tr&egrave;s bien &agrave; quel point l&rsquo;inflation peut devenir dangereuse. Les hausses des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t se sont r&eacute;v&eacute;l&eacute;es &ecirc;tre un rem&egrave;de efficace. Pourtant, lorsque la Banque centrale europ&eacute;enne (BCE) et la R&eacute;serve f&eacute;d&eacute;rale am&eacute;ricaine (Fed) se r&eacute;uniront fin avril pour &eacute;valuer le niveau appropri&eacute; des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t directeurs, peu de choses devraient changer &ndash; malgr&eacute; le choc des prix du p&eacute;trole.</p><p>Dans le cas de la Fed, les march&eacute;s financiers consid&egrave;rent comme pratiquement certain le maintien du taux directeur entre 3,5 et 3,75 %. Pour la zone euro, les acteurs du march&eacute; ne voient actuellement qu&#039;une faible probabilit&eacute; que la BCE rel&egrave;ve son taux de d&eacute;p&ocirc;t, actuellement fix&eacute; &agrave; 2,0 %, lors de cette r&eacute;union. Les r&eacute;centes hausses des prix de l&#039;&eacute;nergie sont-elles donc &laquo; deux fois moins graves &raquo; qu&#039;elles ne le paraissent ?</p><p><strong>Deux records qui resteront dans les annales</strong></p><p>Ce qui est certain, c&#039;est que l&#039;&eacute;volution actuelle des prix rev&ecirc;t d&eacute;j&agrave; une ampleur historique dans l&#039;histoire relativement r&eacute;cente de la zone euro. En mars 2026, les prix de l&rsquo;&eacute;nergie ont augment&eacute; de 7,0 % par rapport au mois pr&eacute;c&eacute;dent, ce qui repr&eacute;sente la deuxi&egrave;me plus forte hausse des prix de l&rsquo;&eacute;nergie depuis l&rsquo;introduction de l&rsquo;euro en 1999. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en mars 2022, au d&eacute;but de la guerre en Ukraine, que les prix de l&rsquo;&eacute;nergie ont connu une hausse plus marqu&eacute;e, avec une augmentation de 12,2 % par rapport &agrave; f&eacute;vrier 2022.</p><p>&Agrave; cet &eacute;gard, la tendance initiale des prix li&eacute;e au blocus du d&eacute;troit d&rsquo;Ormuz a &eacute;t&eacute; extraordinaire. Elle a &eacute;galement frapp&eacute; de plein fouet les &Eacute;tats-Unis. L&agrave;-bas, les prix de l&rsquo;&eacute;nergie ont augment&eacute; de 11,9 % en mars par rapport &agrave; f&eacute;vrier &ndash; une hausse encore plus forte que dans la zone euro ; la hausse des prix des mati&egrave;res premi&egrave;res pour le p&eacute;trole et le gaz a un impact encore plus important sur les prix de l&rsquo;essence, par exemple, en raison de la charge fiscale plus faible aux &Eacute;tats-Unis. En cons&eacute;quence, l&rsquo;essence est devenue un facteur cl&eacute; de l&rsquo;inflation am&eacute;ricaine, avec une hausse de 21,2 % en un seul mois &ndash; la plus forte augmentation depuis le d&eacute;but des enregistrements en 1967.</p><p><strong>Des perspectives co&ucirc;teuses</strong></p><p>Compte tenu de ces hausses de prix aussi marqu&eacute;es, il n&rsquo;est gu&egrave;re surprenant que la perspective de hausses des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t occupe une place de plus en plus importante dans le d&eacute;bat public.</p><p>Les projections de mars des services de la BCE montrent &agrave; quel point l&rsquo;impact &agrave; moyen terme sur l&rsquo;inflation globale pourrait &ecirc;tre consid&eacute;rable. Dans le plus pessimiste des trois sc&eacute;narios publi&eacute;s, la BCE a suppos&eacute; que les exportations de p&eacute;trole et de gaz en provenance du golfe Persique pourraient chuter de 60 % par rapport aux niveaux d&rsquo;avant la crise, pour ne revenir &agrave; la normale que progressivement &agrave; partir de 2027. Dans un tel cas, l&rsquo;inflation dans la zone euro pourrait temporairement d&eacute;passer les 6 %, selon les estimations de la banque centrale. Dans ce sc&eacute;nario, la BCE devrait faire face &agrave; d&rsquo;importants effets de second tour, rendant probablement in&eacute;vitables des hausses de taux significatives.</p><p><strong>Double incertitude dans la zone euro</strong></p><p>Cependant, environ deux mois apr&egrave;s le lancement des premi&egrave;res frappes a&eacute;riennes d&rsquo;Isra&euml;l et des &Eacute;tats-Unis contre l&rsquo;Iran, ni l&rsquo;ampleur ni la dur&eacute;e du choc des prix de l&rsquo;&eacute;nergie ne sont encore clairement &eacute;tablies. D&rsquo;une mani&egrave;re plus g&eacute;n&eacute;rale, les donn&eacute;es disponibles ne sont pas suffisamment concluantes pour justifier des hausses de taux &agrave; ce stade, comme l&rsquo;a r&eacute;cemment soulign&eacute; la pr&eacute;sidente de la BCE, Christine Lagarde. Selon elle, dans le contexte actuel, l&rsquo;impact &agrave; court et moyen terme de la hausse des prix de l&rsquo;&eacute;nergie sur l&rsquo;inflation devrait &ecirc;tre principalement d&eacute;termin&eacute; par deux forces oppos&eacute;es.</p><p>D&#039;une part, les m&eacute;nages et les entreprises ont subi un choc inflationniste s&eacute;v&egrave;re il y a seulement quelques ann&eacute;es, les taux atteignant parfois des niveaux &agrave; deux chiffres. En cons&eacute;quence, ils pourraient d&eacute;sormais r&eacute;agir de mani&egrave;re plus sensible &agrave; la hausse des co&ucirc;ts. Des enqu&ecirc;tes r&eacute;centes sugg&egrave;rent que les anticipations des entreprises concernant les prix de vente ont d&eacute;j&agrave; augment&eacute; et que les m&eacute;nages accordent une attention accrue &agrave; l&#039;inflation. Cela laisse entrevoir des effets de second tour potentiellement importants et plaide donc en faveur de hausses de taux anticip&eacute;es.</p><p>D&#039;autre part, la hausse des prix de l&#039;&eacute;nergie et l&#039;affaiblissement de la confiance des consommateurs risquent de peser sur la demande globale &agrave; un moment o&ugrave; l&#039;on ne pr&eacute;voyait d&eacute;j&agrave; qu&#039;une croissance r&eacute;elle modeste dans la zone euro. Avec le d&eacute;clenchement de la guerre en Iran, ces perspectives de croissance se sont encore d&eacute;t&eacute;rior&eacute;es, ce qui a conduit la BCE &agrave; pr&eacute;voir une croissance inf&eacute;rieure &agrave; 1 % pour cette ann&eacute;e. En cons&eacute;quence, une p&eacute;riode de faiblesse &eacute;conomique pourrait limiter consid&eacute;rablement l&rsquo;ampleur des hausses de prix et de salaires qui s&rsquo;ensuivraient. Dans ce cas, la hausse des prix de l&rsquo;&eacute;nergie pourrait n&rsquo;entra&icirc;ner qu&rsquo;une augmentation temporaire de l&rsquo;inflation globale. Cela plaiderait en faveur d&rsquo;un report de toute hausse potentielle des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t, afin de ne pas freiner davantage la dynamique &eacute;conomique d&eacute;j&agrave; faible.</p><p>En fin de compte, l&rsquo;importance relative de ces deux forces oppos&eacute;es ne deviendra claire que dans les semaines et les mois &agrave; venir, une fois que des donn&eacute;es plus concr&egrave;tes sur le comportement des entreprises en mati&egrave;re de tarification et sur les n&eacute;gociations salariales seront disponibles. La double incertitude entourant &agrave; la fois la dur&eacute;e du choc et l&rsquo;ampleur de la r&eacute;percussion sur les prix plaide donc, pour l&rsquo;instant, en faveur de la collecte d&rsquo;informations suppl&eacute;mentaires avant que la BCE ne tire des conclusions d&eacute;finitives pour sa politique mon&eacute;taire.</p><p><strong>Moins de pression pour agir aux &Eacute;tats-Unis</strong></p><p>La Fed semble un peu plus sereine face &agrave; la hausse actuelle des prix que son homologue europ&eacute;enne. Apr&egrave;s tout, compte tenu du niveau nettement plus &eacute;lev&eacute; des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t directeurs aux &Eacute;tats-Unis, les responsables de la banque centrale am&eacute;ricaine ne ressentent gu&egrave;re de pression pour envisager une hausse des taux. En effet, Christopher Waller, gouverneur de la R&eacute;serve f&eacute;d&eacute;rale, a r&eacute;cemment d&eacute;crit le r&ocirc;le actuel de la Fed comme celui d&rsquo;un observateur quasi neutre, soulignant qu&rsquo;il fallait disposer de davantage de donn&eacute;es avant de pouvoir justifier un &eacute;cart par rapport au niveau actuel des taux &ndash; dans un sens comme dans l&rsquo;autre.</p><p>Du point de vue de l&rsquo;inflation, il convient de noter que les &Eacute;tats-Unis viennent tout juste d&rsquo;absorber le choc transitoire caus&eacute; par les hausses de prix li&eacute;es aux droits de douane de l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. Dans ce contexte, M. Waller s&rsquo;est montr&eacute; rassurant en indiquant qu&rsquo;avant le d&eacute;clenchement du conflit avec l&rsquo;Iran, l&rsquo;inflation am&eacute;ricaine &ndash; hors effets des droits de douane &ndash; &eacute;tait rest&eacute;e proche de l&rsquo;objectif de 2 % de la Fed, ce qui sugg&egrave;re que les anticipations d&rsquo;inflation ne se sont pas d&eacute;stabilis&eacute;es. Naturellement, l&#039;attention se porte d&eacute;sormais sur la question de savoir si la r&eacute;cente hausse des prix de l&#039;&eacute;nergie s&#039;av&eacute;rera &eacute;galement temporaire, apr&egrave;s une augmentation de l&#039;inflation des prix &agrave; la consommation &agrave; 3,3 % en mars.</p><p><strong>Qu&#039;en est-il du plein emploi, le deuxi&egrave;me objectif de la R&eacute;serve f&eacute;d&eacute;rale ?</strong></p><p>Tout comme dans la zone euro, M. Waller s&#039;interroge &eacute;galement sur la mesure dans laquelle une nouvelle flamb&eacute;e des prix pourrait peser sur la demande globale, limitant ainsi les effets d&#039;inflation de second tour et mettant potentiellement en p&eacute;ril le deuxi&egrave;me objectif de la Fed : le plein emploi. Il a pris note avec inqui&eacute;tude de l&#039;enqu&ecirc;te de l&#039;Universit&eacute; du Michigan aupr&egrave;s des consommateurs : selon celle-ci, d&eacute;but avril, la confiance des consommateurs am&eacute;ricains est tomb&eacute;e &agrave; son plus bas niveau depuis le d&eacute;but des relev&eacute;s en 1952.</p><p>M&ecirc;me si cette enqu&ecirc;te n&rsquo;a pas refl&eacute;t&eacute; fid&egrave;lement les d&eacute;penses r&eacute;elles des m&eacute;nages ces derni&egrave;res ann&eacute;es, il existe un risque que ce dernier choc finisse par pousser les d&eacute;penses au-del&agrave; d&rsquo;un point de basculement, incitant les m&eacute;nages &agrave; r&eacute;duire leurs d&eacute;penses. Cela pourrait avoir des r&eacute;percussions n&eacute;gatives sur le march&eacute; du travail, qui s&rsquo;est montr&eacute; robuste ces derniers temps.</p><p>Une autre complication dans l&#039;interpr&eacute;tation du march&eacute; du travail am&eacute;ricain r&eacute;side dans l&#039;&eacute;volution du contexte entourant la croissance de l&#039;emploi. Alors qu&#039;une augmentation mensuelle de l&#039;emploi comprise entre 50 000 et 150 000 personnes &eacute;tait encore consid&eacute;r&eacute;e comme compatible avec un march&eacute; du travail sain il y a quelques ann&eacute;es, selon M. Waller, pratiquement aucune croissance de l&#039;emploi n&#039;est d&eacute;sormais n&eacute;cessaire pour maintenir le taux de ch&ocirc;mage stable. Cette &eacute;volution refl&egrave;te le vieillissement de la population et une forte baisse de l&#039;immigration aux &Eacute;tats-Unis. L&#039;immigration nette est pass&eacute;e de 2,3 millions de personnes en 2024 &agrave; environ 400 000 en 2025, et certains envisagent m&ecirc;me une &laquo; migration nette nulle &raquo; pour 2026.</p><p><strong>&Ccedil;a d&eacute;pend&hellip;</strong></p><p>Que ce soit dans la zone euro ou aux &Eacute;tats-Unis, l&rsquo;incertitude &eacute;conomique reste &eacute;lev&eacute;e. Pour les responsables des banques centrales, l&rsquo;attente des donn&eacute;es continue de d&eacute;terminer la conduite quotidienne de la politique mon&eacute;taire. Selon que le blocage du d&eacute;troit d&rsquo;Ormuz sera r&eacute;solu &ndash; et &agrave; quelle vitesse &ndash;, toute une s&eacute;rie de sc&eacute;narios concernant l&rsquo;&eacute;volution des prix de l&rsquo;&eacute;nergie est envisageable. Une grande incertitude r&egrave;gne &eacute;galement quant &agrave; la mesure dans laquelle la hausse des prix de l&rsquo;&eacute;nergie sera r&eacute;percut&eacute;e si ceux-ci se maintiennent &agrave; des niveaux &eacute;lev&eacute;s pendant une p&eacute;riode prolong&eacute;e. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;une fois que des r&eacute;ponses plus claires &agrave; ces questions auront &eacute;t&eacute; apport&eacute;es que les perspectives concernant l&rsquo;orientation future de la politique mon&eacute;taire devraient devenir moins incertaines.</p><div class=\"release-content-contact\" id=\"contact-a3147378-52bd-4627-8ac6-8c7b19ffb61c\">\n    \n    <div class=\"release-content-contact__details\">\n        <strong class=\"release-content-contact__name\">Serge Vanbockryck</strong>\n        <em class=\"release-content-contact__description\">Senior PR Consultant, Befirm</em>\n        <ul class=\"release-content-contact__details-list\"><li class=\"release-content-contact__details-list-item\"><a href=\"mailto:serge@befirm.be\"  class=\"release-content-contact__details-list-item-link\" title=\"serge@befirm.be\"><svg class=\"icon icon-paper-plane release-content-contact__details-list-item-icon\">\n                <use xlink:href=\"#icon-paper-plane\"></use>\n            </svg>serge@befirm.be</a></li>\n<li class=\"release-content-contact__details-list-item\"><a href=\"tel:+32 (0)2 423 18 42\"  class=\"release-content-contact__details-list-item-link\" title=\"+32 (0)2 423 18 42\"><svg class=\"icon icon-phone release-content-contact__details-list-item-icon\">\n                <use xlink:href=\"#icon-phone\"></use>\n            </svg>+32 (0)2 423 18 42</a></li></ul>\n    </div>\n</div><p>&nbsp;</p>",
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