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    "title": "Des taux d'int\u00e9r\u00eat stables, de nouvelles priorit\u00e9s",
    "modified_at": "2026-06-19 09:00:03",
    "published_at": "2026-06-19 09:00:00",
    "url": "https://flossbach-von-storch.befirm.be/des-taux-dinteret-stables-de-nouvelles-priorites",
    "short_url": "http://prez.ly/UeJd",
    "culture": "fr_BE",
    "language": "FR",
    "subtitle": "La premi\u00e8re r\u00e9union sous la pr\u00e9sidence du nouveau pr\u00e9sident de la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale am\u00e9ricaine (Fed) n'a pas entra\u00een\u00e9 de changement de cap. \u00c0 plus long terme, toutefois, la politique mon\u00e9taire de la Fed pourrait conna\u00eetre un tournant fondamental, estime Julian Marx, analyste de recherche chez Flossbach von Storch.",
    "slug": "des-taux-dinteret-stables-de-nouvelles-priorites",
    "body": "<p>&laquo; L&rsquo;intelligence artificielle (IA) constituera un facteur d&eacute;sinflationniste majeur. &raquo; C&rsquo;est en ces termes que Kevin Warsh, pr&eacute;sident de la R&eacute;serve f&eacute;d&eacute;rale am&eacute;ricaine (Fed) depuis la mi-mai, s&rsquo;est exprim&eacute; dans le Wall Street Journal pas plus tard qu&rsquo;en novembre dernier. Ce faisant, il a aliment&eacute; un discours laissant entendre qu&rsquo;une baisse des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t &eacute;tait envisageable &ndash; pour le plus grand plaisir du pr&eacute;sident am&eacute;ricain Donald Trump, qui n&rsquo;a cess&eacute; de r&eacute;clamer une baisse des taux directeurs. Ce sont sans doute des d&eacute;clarations de ce type qui ont incit&eacute; le pr&eacute;sident am&eacute;ricain &agrave; nommer M. Warsh &agrave; la t&ecirc;te de la Fed.</p><p>Pourtant, d&egrave;s la premi&egrave;re d&eacute;cision de politique mon&eacute;taire, il appara&icirc;t clairement que toute baisse des taux pourrait intervenir plus tard que ne le souhaiterait M. Trump. En effet, le contexte actuel de politique mon&eacute;taire ne donne gu&egrave;re de raisons au nouveau pr&eacute;sident de la Fed de se pr&eacute;cipiter pour baisser les taux. L&rsquo;inflation des prix &agrave; la consommation aux &Eacute;tats-Unis &eacute;tant pass&eacute;e d&rsquo;un peu moins de 3 % fin 2025 &agrave; 4,2 % en mai, il est toutefois m&ecirc;me envisageable que le vent tourne en faveur de hausses de taux. Beaucoup d&eacute;pendra probablement de la mesure dans laquelle les espoirs d&rsquo;une baisse des prix de l&rsquo;&eacute;nergie se concr&eacute;tiseront dans les semaines et les mois &agrave; venir.</p><p>Pour l&rsquo;instant, toutefois, la Fed fait profil bas et maintient ses taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t directeurs dans une fourchette comprise entre 3,5 % et 3,75 %.</p><p><strong>Les chocs de prix se succ&egrave;dent</strong></p><p>Bien que T&eacute;h&eacute;ran et Washington, D.C. &ndash; les capitales respectives de l&rsquo;Iran et des &Eacute;tats-Unis &ndash; soient distantes d&rsquo;environ 10 000 kilom&egrave;tres &agrave; vol d&rsquo;oiseau, les hostilit&eacute;s en Iran et au Moyen-Orient se sont fait sentir au c&oelig;ur m&ecirc;me des &Eacute;tats-Unis. En cons&eacute;quence, le prix moyen de l&rsquo;essence &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle nationale s&rsquo;est &eacute;tabli &agrave; plus de quatre dollars am&eacute;ricains le gallon en avril et mai, alors qu&rsquo;il &eacute;tait inf&eacute;rieur &agrave; trois dollars am&eacute;ricains en d&eacute;but d&rsquo;ann&eacute;e. Dans l&rsquo;ensemble, les prix de l&rsquo;&eacute;nergie aux &Eacute;tats-Unis ont bondi de 23,5 % en mai par rapport &agrave; la m&ecirc;me p&eacute;riode de l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re.</p><p>Cela repr&eacute;sente une charge suppl&eacute;mentaire notable dans un pays o&ugrave; les distances sont importantes, m&ecirc;me si celle-ci pourrait &eacute;galement s&rsquo;all&eacute;ger rapidement et de mani&egrave;re sensible, comme le montrent les r&eacute;centes tendances des cours du p&eacute;trole. Le prix du baril de brut West Texas Intermediate est pass&eacute; d&rsquo;environ 100 dollars am&eacute;ricains &agrave; moins de 80 dollars am&eacute;ricains au cours des quatre derni&egrave;res semaines. La p&eacute;rennit&eacute; de ces baisses des cours du p&eacute;trole d&eacute;pendra essentiellement de la capacit&eacute; de l&rsquo;accord pr&eacute;vu entre les &Eacute;tats-Unis et l&rsquo;Iran &agrave; garantir effectivement une reprise durable du trafic maritime dans le d&eacute;troit d&rsquo;Ormuz.</p><p>&Agrave; tout le moins, les int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques des &Eacute;tats-Unis dans cette affaire sont clairs : apr&egrave;s tout, la r&eacute;serve strat&eacute;gique de p&eacute;trole (SPR) du pays a diminu&eacute; d&rsquo;environ 75 millions de barils pour s&rsquo;&eacute;tablir &agrave; 340 millions de barils depuis le d&eacute;but des hostilit&eacute;s avec l&rsquo;Iran, comme l&rsquo;a annonc&eacute; le minist&egrave;re am&eacute;ricain de l&rsquo;&Eacute;nergie en d&eacute;but de semaine ; les r&eacute;serves n&rsquo;ont jamais &eacute;t&eacute; aussi basses depuis 1983. En cons&eacute;quence, l&rsquo;orientation future de la politique mon&eacute;taire reste pour l&rsquo;instant &eacute;troitement li&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;volution de la situation au Moyen-Orient.</p><p>Par ailleurs, l&rsquo;&eacute;volution des prix observ&eacute;e ces derniers mois rev&ecirc;t &eacute;galement une importance particuli&egrave;re pour la politique mon&eacute;taire, car elle constitue un nouveau choc sur les prix apr&egrave;s de nombreuses ann&eacute;es de taux d&rsquo;inflation &eacute;lev&eacute;s. Par exemple, les hausses de prix induites par les droits de douane de l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re commencent tout juste &agrave; &ecirc;tre absorb&eacute;es. En cons&eacute;quence, l&rsquo;inflation am&eacute;ricaine se situe d&eacute;sormais au-dessus de l&rsquo;objectif de 2 % fix&eacute; par la Fed depuis 62 mois, et cette situation devrait perdurer pendant encore plusieurs mois. Pour le dernier trimestre de 2026, la Fed pr&eacute;voit une inflation de 3,6 %. Elle consid&egrave;re &eacute;galement que l&rsquo;inflation sous-jacente &ndash; &agrave; 3,3 % &ndash; est sup&eacute;rieure &agrave; l&rsquo;objectif d&rsquo;inflation.</p><p>En ce qui concerne les anticipations d&rsquo;inflation, les responsables de la banque centrale sont donc confront&eacute;s au risque que, suite &agrave; une s&eacute;rie de chocs, les citoyens am&eacute;ricains en viennent de plus en plus &agrave; consid&eacute;rer que l&rsquo;inflation est structurellement plus &eacute;lev&eacute;e.</p><p><strong>Des signes d&#039;assouplissement sur le march&eacute; du travail</strong></p><p>Pour l&rsquo;instant du moins, Warsh et ses coll&egrave;gues devraient &eacute;galement &ecirc;tre enclins &agrave; recentrer la politique mon&eacute;taire davantage sur l&rsquo;objectif de stabilit&eacute; des prix. En effet, en ce qui concerne le deuxi&egrave;me objectif de la banque centrale &ndash; le plein emploi &ndash;, des signes d&rsquo;essoufflement sont r&eacute;cemment apparus.</p><p>Non seulement l&rsquo;&eacute;conomie am&eacute;ricaine continue d&rsquo;afficher de bons r&eacute;sultats &ndash; les responsables de la banque centrale tablent sur une croissance r&eacute;elle robuste de 2,2 % pour le dernier trimestre de 2026 &ndash;, mais, selon le Bureau am&eacute;ricain des statistiques du travail, l&rsquo;emploi a &eacute;galement progress&eacute; de 565 000 emplois au total au cours des trois mois compris entre mars et mai. Ce r&eacute;sultat est remarquable compte tenu du fait que la croissance de l&rsquo;emploi a consid&eacute;rablement ralenti ces derni&egrave;res ann&eacute;es, notamment en raison des changements intervenus dans la politique d&rsquo;immigration. En effet, pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;ann&eacute;e civile 2025, la croissance de l&rsquo;emploi s&rsquo;est &eacute;lev&eacute;e &agrave; un peu plus de 100 000 emplois.</p><p>Le taux de ch&ocirc;mage se situant &eacute;galement &agrave; un faible niveau de 4,3 %, la bonne sant&eacute; du march&eacute; du travail continue d&rsquo;indiquer qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas lieu pour la Fed d&rsquo;envisager des baisses de taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t dans un avenir proche.</p><p>Cela dit, il convient de garder &agrave; l&rsquo;esprit que les chiffres de la croissance de l&rsquo;emploi ont fait l&rsquo;objet de r&eacute;visions &agrave; la baisse notables pas plus tard que l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. Par exemple, une hausse initiale de l&rsquo;emploi de 147 000 personnes avait &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e pour le mois de juin 2025. Apr&egrave;s deux r&eacute;visions des donn&eacute;es, cette hausse de l&rsquo;emploi s&rsquo;est transform&eacute;e en une baisse de 13 000 emplois. Compte tenu de ces r&eacute;visions et des fluctuations des donn&eacute;es sur l&rsquo;emploi, il convient d&rsquo;examiner de plus pr&egrave;s si la dynamique encourageante de l&rsquo;emploi &agrave; court terme se maintiendra au cours des prochains mois.</p><p><strong>De nouvelles priorit&eacute;s en p&eacute;riode d&#039;incertitude</strong></p><p>La solidit&eacute; actuelle des donn&eacute;es du march&eacute; du travail signifie qu&rsquo;il n&rsquo;y a gu&egrave;re de pression en faveur d&rsquo;une baisse des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. &Agrave; l&rsquo;inverse, malgr&eacute; des taux d&rsquo;inflation (une fois de plus) en hausse, il n&rsquo;y a pas non plus de n&eacute;cessit&eacute; imm&eacute;diate de relever les taux directeurs. D&rsquo;une part, cela s&rsquo;explique par le fait que les taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t se maintiennent &agrave; un niveau &eacute;lev&eacute;, que l&rsquo;on peut consid&eacute;rer comme &eacute;tant &agrave; la limite de la fourchette restrictive. D&rsquo;autre part, les signaux positifs concernant la reprise du trafic maritime dans le d&eacute;troit d&rsquo;Ormuz pourraient apporter un soulagement durable aux prix de l&rsquo;&eacute;nergie. Par cons&eacute;quent, la recherche d&rsquo;une orientation claire en mati&egrave;re de taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t devrait se poursuivre pour l&rsquo;instant.</p><p>Toutefois, l&rsquo;incertitude ne se limite pas &agrave; l&rsquo;&eacute;volution future des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. On ignore &eacute;galement dans quelle mesure Warsh mettra en &oelig;uvre sa vision d&rsquo;une r&eacute;orientation de la Fed au cours des prochaines ann&eacute;es. Des expressions telles que &laquo; changement de r&eacute;gime &raquo; ont r&eacute;cemment fait le tour des m&eacute;dias. Par exemple, &agrave; l&rsquo;approche de sa premi&egrave;re intervention en tant que pr&eacute;sident de la Fed, la r&eacute;duction du bilan de la Fed faisait l&rsquo;objet de discussions. &Agrave; 6 700 milliards de dollars, le total du bilan repr&eacute;sente actuellement environ 21 % du produit int&eacute;rieur brut (PIB) am&eacute;ricain. &Agrave; titre de comparaison : lorsque Warsh a rejoint la Fed en f&eacute;vrier 2006, le total du bilan &eacute;tait encore inf&eacute;rieur &agrave; 10 % du PIB am&eacute;ricain &ndash; m&ecirc;me s&rsquo;il faut reconna&icirc;tre que le monde de la politique mon&eacute;taire &eacute;tait alors compl&egrave;tement diff&eacute;rent.</p><p>Pourtant, la premi&egrave;re d&eacute;cision de taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t prise sous la direction de Warsh montre d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas de rupture brutale avec la politique mon&eacute;taire de ces derni&egrave;res ann&eacute;es. Les douze membres votants du Conseil de la R&eacute;serve f&eacute;d&eacute;rale ont tous r&eacute;affirm&eacute; leur intention de poursuivre la politique actuelle consistant &agrave; maintenir des r&eacute;serves suffisantes au sein du syst&egrave;me bancaire. Warsh a &eacute;galement clairement indiqu&eacute;, d&egrave;s le d&eacute;but de sa premi&egrave;re conf&eacute;rence de presse, qu&rsquo;il d&eacute;fendrait l&rsquo;objectif de stabilit&eacute; des prix de la Fed. Les craintes persistantes selon lesquelles le nouveau pr&eacute;sident de la Fed pourrait se plier trop rapidement aux souhaits du pr&eacute;sident am&eacute;ricain en mati&egrave;re de taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t se sont donc probablement en grande partie &eacute;vapor&eacute;es. La Fed est et reste ind&eacute;pendante.</p><p>N&eacute;anmoins, il est &eacute;galement apparu que la communication et les m&eacute;thodes de travail allaient changer sous la houlette du nouveau pr&eacute;sident de la Fed. Ce dernier a imm&eacute;diatement fix&eacute; plusieurs priorit&eacute;s claires. Il a par exemple surpris les observateurs avec un communiqu&eacute; de presse nettement plus court que les ann&eacute;es pr&eacute;c&eacute;dentes, se concentrant sur le strict minimum d&rsquo;informations n&eacute;cessaires.</p><p>Par ailleurs, M. Warsh mettra en place cinq groupes de travail (notamment sur le cadre de lutte contre l&rsquo;inflation et le bilan de la Fed), dont il esp&egrave;re tirer des enseignements significatifs d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;ann&eacute;e. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; la lumi&egrave;re de ces enseignements qu&rsquo;il sera possible de mieux cerner l&rsquo;ampleur r&eacute;elle de la refonte que le nouveau pr&eacute;sident de la Fed entend mener au sein de cette institution qui f&ecirc;tera bient&ocirc;t ses 113 ans.</p><p>&nbsp;</p>",
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