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    "title": "Craintes d'inflation",
    "modified_at": "2026-06-17 08:00:01",
    "published_at": "2026-06-17 08:00:00",
    "url": "https://flossbach-von-storch.befirm.be/craintes-dinflation",
    "short_url": "http://prez.ly/pUId",
    "culture": "fr_BE",
    "language": "FR",
    "subtitle": "La Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) rel\u00e8ve \u00e0 nouveau ses taux d'int\u00e9r\u00eat. La poursuite de cette tendance d\u00e9pendra \u00e9galement de l'\u00e9volution de la situation au Moyen-Orient, explique Julian Marx, analyste de recherche chez Flossbach von Storch.",
    "slug": "craintes-dinflation",
    "body": "<p>Pr&egrave;s d&rsquo;un an s&rsquo;est &eacute;coul&eacute; depuis la derni&egrave;re r&eacute;vision des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t directeurs par la Banque centrale europ&eacute;enne (BCE). &Agrave; l&rsquo;&eacute;poque, en juin 2025, celle-ci avait proc&eacute;d&eacute; &agrave; sa huiti&egrave;me baisse de taux en l&rsquo;espace de 12 mois. Cette d&eacute;cision avait &eacute;t&eacute; suivie d&rsquo;une br&egrave;ve p&eacute;riode d&rsquo;accalmie en mati&egrave;re de politique mon&eacute;taire, qui a toutefois pris fin brutalement avec les frappes a&eacute;riennes contre l&rsquo;Iran fin f&eacute;vrier et le blocus du d&eacute;troit d&rsquo;Ormuz qui s&rsquo;en est suivi. Depuis lors, les craintes inflationnistes ont domin&eacute; le travail des responsables de la banque centrale. Les prix de l&rsquo;&eacute;nergie dans la zone euro affichaient r&eacute;cemment une hausse d&rsquo;environ 11 % par rapport &agrave; l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re.</p><p>Comme l&rsquo;a fait remarquer en mai dernier Isabel Schnabel, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, la conclusion suivante semble tout &agrave; fait &eacute;vidente : &laquo; Compte tenu de l&rsquo;ampleur et de la persistance du choc actuel, rester sur la touche n&rsquo;est, &agrave; mon avis, plus une option. Ce choc [&hellip;] signifie que l&rsquo;inflation s&rsquo;&eacute;cartera de notre objectif pendant une p&eacute;riode prolong&eacute;e. &raquo;</p><p>En cons&eacute;quence, les responsables de la banque centrale se sont sentis contraints d&rsquo;agir lors de leur derni&egrave;re d&eacute;cision sur les taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et ont relev&eacute; le taux de d&eacute;p&ocirc;t de 2,0 % &agrave; 2,25 %.</p><p><strong>Le sc&eacute;nario de r&eacute;f&eacute;rence de mars appartient d&eacute;sormais au pass&eacute;</strong></p><p>Avec cette derni&egrave;re hausse des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t, la BCE envoie ainsi un premier signal indiquant qu&rsquo;elle prend au s&eacute;rieux les risques croissants de hausse de l&rsquo;inflation. En effet, l&rsquo;inflation dans la zone euro en mai, &agrave; 3,2 %, &eacute;tait d&eacute;j&agrave; nettement sup&eacute;rieure &agrave; l&rsquo;objectif de 2 %, et l&rsquo;inflation sous-jacente &ndash; qui exclut les prix volatils des denr&eacute;es alimentaires et de l&rsquo;&eacute;nergie &ndash; a &eacute;galement atteint 2,5 %, son plus haut niveau depuis avril 2025.</p><p>En cons&eacute;quence, il appara&icirc;t de plus en plus clairement que le sc&eacute;nario de base optimiste publi&eacute; par la BCE dans ses projections de mars a peu de chances de se concr&eacute;tiser &ndash; dans ce sc&eacute;nario, les responsables de la banque centrale avaient tabl&eacute; sur un taux d&rsquo;inflation annuel moyen de 2,6 % en 2026. En raison du conflit en cours dans le golfe Persique, la situation en mati&egrave;re d&rsquo;inflation &eacute;volue plut&ocirc;t vers les sc&eacute;narios d&eacute;favorables envisag&eacute;s en mars.</p><p>C&rsquo;est ce que soulignent &eacute;galement les derni&egrave;res estimations de juin, dans lesquelles les services de la BCE partent du principe que l&rsquo;inflation dans la zone euro pourrait atteindre 3,0 % cette ann&eacute;e dans le meilleur des cas et qu&rsquo;elle restera l&eacute;g&egrave;rement sup&eacute;rieure &agrave; l&rsquo;objectif d&rsquo;inflation de 2,3 % l&rsquo;ann&eacute;e prochaine &eacute;galement. Dans le m&ecirc;me temps, les perspectives de croissance pour la zone euro restent faibles. Pour cette ann&eacute;e, la BCE table sur une maigre croissance r&eacute;elle de seulement 0,8 % dans son sc&eacute;nario de base.</p><p><strong>Le facteur temps</strong></p><p>Alors que la situation instable dans le golfe Persique persiste, la BCE revoit donc &agrave; la hausse ses estimations d&rsquo;inflation. Les perspectives restent toutefois marqu&eacute;es par une tr&egrave;s grande incertitude : &agrave; mesure que le conflit s&rsquo;&eacute;ternise, de nouvelles flamb&eacute;es des prix sur le march&eacute; p&eacute;trolier deviennent de plus en plus probables. En effet, contrairement &agrave; ce qui s&rsquo;&eacute;tait pass&eacute; lors de la crise &eacute;nerg&eacute;tique de 2021/2022, les r&eacute;serves mondiales de p&eacute;trole &eacute;taient, selon l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;&eacute;nergie (AIE), nettement mieux approvisionn&eacute;es au d&eacute;but de cette ann&eacute;e qu&rsquo;elles ne l&rsquo;&eacute;taient quatre ans plus t&ocirc;t.</p><p>La fermeture du d&eacute;troit d&rsquo;Ormuz et le choc d&rsquo;approvisionnement qui en a r&eacute;sult&eacute; ont donc frapp&eacute; les march&eacute;s alors que la situation de d&eacute;part &eacute;tait bien plus favorable. Mais cette marge de man&oelig;uvre s&rsquo;amenuise &eacute;galement. Par exemple, la r&eacute;serve strat&eacute;gique de p&eacute;trole des &Eacute;tats-Unis a d&eacute;j&agrave; diminu&eacute; de 58 millions de barils au cours des trois mois qui ont suivi le d&eacute;but du conflit avec l&rsquo;Iran.</p><p>Cependant, l&rsquo;ampleur et la dur&eacute;e de la hausse des prix de l&rsquo;&eacute;nergie ne sont pas les seuls facteurs qui jouent un r&ocirc;le central dans l&rsquo;&eacute;valuation des perspectives d&rsquo;inflation. L&rsquo;analyse des &eacute;ventuels effets de second tour est &eacute;galement tr&egrave;s pertinente. Dans ce contexte, les responsables des banques centrales observent de plus en plus de signes indiquant que l&rsquo;impact du conflit s&rsquo;&eacute;tend &agrave; d&rsquo;autres composantes du panier de consommation. Les anticipations des entreprises en mati&egrave;re de prix de vente constituent un indicateur important. Selon la derni&egrave;re enqu&ecirc;te de la Commission europ&eacute;enne, la proportion d&rsquo;entreprises pr&eacute;voyant d&rsquo;augmenter leurs prix de vente au cours des trois prochains mois reste bien sup&eacute;rieure &agrave; leurs moyennes &agrave; long terme. De plus, les enqu&ecirc;tes de la BCE sugg&egrave;rent que les anticipations d&rsquo;inflation des consommateurs ont augment&eacute; non seulement &agrave; court terme, mais aussi &agrave; moyen terme.</p><p>L&rsquo;&eacute;volution des salaires est &eacute;galement pertinente du point de vue de la politique mon&eacute;taire. Elle est toutefois plus complexe &agrave; &eacute;valuer, car les n&eacute;gociations salariales se d&eacute;roulent par &eacute;tapes et les conventions collectives ont g&eacute;n&eacute;ralement une longue dur&eacute;e. De ce fait, des donn&eacute;es concr&egrave;tes sur les salaires ne seront disponibles qu&rsquo;apr&egrave;s un d&eacute;lai consid&eacute;rable &ndash; temps dont la BCE ne dispose toutefois pas si les hausses de prix sur le march&eacute; de l&rsquo;&eacute;nergie d&eacute;clenchent une dynamique inflationniste sensible et auto-renfor&ccedil;ante au cours des prochains trimestres.</p><p><strong>Des conditions de d&eacute;part favorables pour lutter contre l&#039;inflation</strong></p><p>Comme il y a quatre ans, des facteurs externes obligent aujourd&rsquo;hui la BCE &agrave; agir. Contrairement &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, cependant, la situation de d&eacute;part est aujourd&rsquo;hui bien plus favorable. Non seulement parce que la combinaison de la guerre en Ukraine et des goulets d&rsquo;&eacute;tranglement dans les cha&icirc;nes d&rsquo;approvisionnement li&eacute;s &agrave; la pand&eacute;mie avait alors provoqu&eacute; des hausses de prix bien plus marqu&eacute;es, qui avaient parfois fait grimper l&rsquo;inflation &agrave; plus de 10 % &agrave; l&rsquo;automne 2022. Nous sommes actuellement encore loin de telles hausses de prix. De plus, les autorit&eacute;s mon&eacute;taires de la zone euro ne relancent pas leur &laquo; mission des 2 % &raquo; &agrave; partir d&rsquo;un niveau de taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t nul ou n&eacute;gatif, comme en 2022, mais &agrave; partir d&rsquo;un niveau de taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t neutre. Ce facteur all&egrave;ge lui aussi la pression qui p&egrave;se sur les banquiers centraux pour qu&rsquo;ils agissent.</p><p>N&eacute;anmoins, les r&eacute;centes hausses des prix de l&rsquo;&eacute;nergie doivent &ecirc;tre prises tr&egrave;s au s&eacute;rieux. Il est important de surveiller attentivement le risque de &laquo; d&eacute;rive &raquo; des anticipations d&rsquo;inflation. En cons&eacute;quence, de nouvelles hausses des taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t sont envisageables cette ann&eacute;e. Toutefois, compte tenu du niveau &eacute;lev&eacute; d&rsquo;incertitude, il est difficile de pr&eacute;dire le nombre et le calendrier d&rsquo;&eacute;ventuelles modifications des taux.</p><p>La seule chose qui est claire, c&rsquo;est que la BCE, comme &agrave; son habitude, se concentrera sur l&rsquo;analyse de l&rsquo;&eacute;volution des donn&eacute;es et s&rsquo;efforcera, autant que possible, de faire abstraction de toute &laquo; agitation des march&eacute;s &raquo; pendant cette phase de turbulences. Ce n&rsquo;est pas un hasard si l&rsquo;&eacute;conomiste Isabel Schnabel a r&eacute;cemment d&eacute;clar&eacute; avec assurance : &laquo; C&rsquo;est nous qui guidons le march&eacute;. Ce n&rsquo;est pas le march&eacute; qui nous guide. &raquo;</p><div class=\"release-content-contact\" id=\"contact-c2a95479-f41c-4e52-91e2-8595cf3482fa\">\n    \n    <div class=\"release-content-contact__details\">\n        <strong class=\"release-content-contact__name\">Serge Vanbockryck</strong>\n        <em class=\"release-content-contact__description\">Senior PR Consultant, Befirm</em>\n        <ul class=\"release-content-contact__details-list\"><li class=\"release-content-contact__details-list-item\"><a href=\"mailto:serge@befirm.be\"  class=\"release-content-contact__details-list-item-link\" title=\"serge@befirm.be\"><svg class=\"icon icon-paper-plane release-content-contact__details-list-item-icon\">\n                <use xlink:href=\"#icon-paper-plane\"></use>\n            </svg>serge@befirm.be</a></li>\n<li class=\"release-content-contact__details-list-item\"><a href=\"tel:+32 (0)2 423 18 42\"  class=\"release-content-contact__details-list-item-link\" title=\"+32 (0)2 423 18 42\"><svg class=\"icon icon-phone release-content-contact__details-list-item-icon\">\n                <use xlink:href=\"#icon-phone\"></use>\n            </svg>+32 (0)2 423 18 42</a></li></ul>\n    </div>\n</div><p>&nbsp;</p>",
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